Publicité

Grand Corps Malade

Samedi 6 mai 2006
C'est la misère, j'connais trop bien ce p'tit bruit d'horreur
C'est le déclenchement du radio réveil, il m'prévient qu'il est l'heure
Y'a un mec dans le poste qui m'souhaite une bonne journée
Qu'il m'laisse tranquille, j'suis pas d'humeur, puis même pas je le connais

De l'autre coté du mur, j'entends mon voisin, tirer la chasse d'eau
Si ça tenais qu'à moi, j'lui briserais ma béquille sur le dos
A chaque fois qu'il tire la chasse, j'me prends 800 décibels
Et chaque matin, mon voisin va douze fois à la celle
T'façon il le fait exprès pour me stresser, j'le sais bien
Mon voisin je le déteste et je crois qu'il me le rend bien

Plus tard, j'entre à la boulangerie et comme d'hab, j'dis pas bonjour
Ma boulangère et une mégère avec une tête d'abat jour
J'la paye avec des pièces d'un centime exprès pour la saouler
En échange elle me donne les croissants les plus rassis de la fournée
Un jour je l'étranglerai aussi sur que j'm'appelle Fabien
Ma boulangère je la hais et franchement elle me le rend bien

Quand j'sors de la boulangerie, j'me fais accoster par un vieillard
Il me dit qu'il est perdu et qu'il cherche où est la gare
J'vois bien qu'il marche mal mais vous pensez que je n'ai pas osé
Mais si, la gare est à droite et j'lui indique l'opposé
J'espère qu'il va s'épuiser et qu'il perdra son chemin
Moi les vieux j'les aime pas et j'espère qu'ils me le rendent bien

Plus tard dans un parc, y'a des mômes qui jouent au foot
Y'en a un qui tombe et s'ouvre le crâne mais j'en ai rien à foutre
Ils me demandent de les aider mais même pas je les calcule
Si y'en a un qui est pas content, j'vous préviens je l'en...

Plus tard, pour m'amuser, je jette des caillous pour tuer les pigeons
En échange y'en a deux qui s'envolent et me chient sur le front
Le pigeon c'est vraiment un animal qui sert à rien
Les pigeons j'les aime pas et sur ce coup là, ils me le rendent bien

J'suis content de rentrer chez moi, mais chez moi, y a Médor
Comme il a pas bouffé depuis une semaine, forcément il me mord
Médor c'est comme les pigeons, les vieux et les chiens
Médor j'peux pas le saquer et franchement il me le rend bien

Un jour, j'aurai une femme que j'insulterai toute la journée
On aura des enfants moches qu'on pourra pas supporter
Si j'ai une fille, j'l'appelerai Léon, ce sera marqué sur ses papiers
Si j'ai un fils, ce sera Médor et ça lui fera les pieds

Maintenant j'vais m'arrêter parce que même si j'suis zen
Ca commence à m'énerver de vous voir rire comme des ânes
Franchement vous êtes pas futés mais c'est la vie, j'y peux rien
Moi la vie j'l'aime pas et la vie me le rend bien
Par NoBass
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 6 mai 2006
Lui il a traversé tout le pays pour atteindre le Grand Ouest
Equipé d’un vieux fute, d’un gros sac et d’une veste
Il se prend pour un aventurier, à raison ou à tort
Il est parmi tant d’autre un simple chercheur d’or
Il retourne toutes les rivières en secouant son tamis
Il traque la moindre lueur, il en rêve même la nuit
Il soulève chaque caillou pour voir ce qu’il y a en dessous
Il lui arrive même de chercher jusqu’à s’en rendre saoul
Il ausculte tous les grains de sable pour dénicher la pépite
Il sait prendre son temps, ne jamais aller trop vite
Quand il rentres chez lui, je te jure qu’il cherche encore
Ses yeux sont des radars, c’est un vrai chercheur d’or
Ca lui a pris un beau jour en voyant les autres partir
Il s’est dit pourquoi pas moi, je pourrai peut-être m’enrichir
Et puis parcourir le monde avec son sac à dos
C’est peut-être au bout du compte le plus beau des cadeaux
Quand il trouve un peu d’or, pour lui plus rien n’existe
Il ne voit plus, n’entend plus, il est comme un autiste
Alors il en veut plus, il chercherait jusqu’à sa mort
Il est parmi tant d’autre un simple chercheur d’or

Moi j’ai traversé toute la pièce pour atteindre mon petit bureau
Equipé de ma main droite, une feuille et un stylo
Je me prends pour un poète, p’t’être un vrai, p’t’être un naze
Je suis parmi tant d’autres un simple chercheur de phases
Je retourne toutes les phrases en secouant mon esprit
Je traque la moindre rime et j’en rêve même la nuit
Je soulève chaque syllabe pour voir ce qu’il y a en dessous
Il m’arrive même de chercher jusqu’à m’en rendre saoul
J’ausculte tous les mots pour dénicher la bonne terminaison
Je sais prendre mon temps, la patience guide ma raison
Même quand je sors de chez moi, je profite de la moindre occaz
Pour pécho de l’inspiration, j’suis un chercheur de phases
Ca m’a pris petit à petit en voyant les autres écrire
J’me suis dit poser mes textes, ça pourrait me faire plaisir
Et puis trouver le bon mot et le mettre à la bonne place
C’est peut-être ça le plus kiffant, la bonne rime efficace
Quand je trouve une bonne phase, pour moi plus rien n’existe
Je ne vois plus, n’entend plus, je suis comme un autiste
Alors j’en veux plus, je veux qu’on se souvienne de mon blaze
Je suis parmi tant d’autres, un simple chercheur de phases

Son Grand Ouest, c’est mon petit bureau, t’as vu le parallèle frérot
Et si tu pars à Lille, t’es zéro, car ça se passe là dans ton petit bistrot
Moi je fais le pari que tu te tapes des barres dans tous les bars de Paris
Mais si tu ris pas et que tu te barres dans ta barre, oublie mon pari
Car si je viens juste dire des mots, tu peux pas me maudire
Même si je fais ni du Rimbaud ni du Shakespeare, j’sais qu’y a pire
Je te jure, respire ! Je pourrais faire du Britney Spears
Te faire kiffer toi même tu sais que c’est à ça que j’aspire
Moi je veux écrire des tas de phases et te les sortir avec un bon phrasé
Je veux t’envahir de phrases quitte à ce que tu te sentes déphasé
C’est pas avec des jeux de mots que je vais pouvoir dire que je pèse
Encore moins que je vais pouvoir pécho Jennifer Lopez
Mais si tu m’écoutes, c’est déjà une victoire
Et coûte que coûte, je ferai tout pour faire kiffer mon auditoire
Et même si ce texte, c’est pas encore l’extase
T’auras compris le contexte, j’suis un chercheur de phases.
Par NoBass
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 6 mai 2006
C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie
Evidemment j'étais pas tout seul, j'avais envie d'faire connaissance
Y'avait un tas d'personnes et personne marchait dans l'même sens
Alors j'continuais tout droit mais un doute s'est installé
Je savais pas c'que j'foutais là, encore moins où j'devais aller
Mais en ch'min au fil du temps j'ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionants, faut absolument qu'j'vous raconte
Ces personnages que j'ai croisé c'est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main
Tout d'abord sur mon parcours j'ai rencontré l'innocence
Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d'expérience
On a marché un p'tit moment, moins longtemps que c'que j'aurais cru
J'ai rencontré d'autres éléments et l'innocence a disparue
Un moment sur mon ch'min, j'ai rencontré le sport
Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès d'qui tu d'viens fort
Pour des raisons techniques on a du s'quitter c'était dur
Mais finalement c'est bien comme ça, puis l'sport ça donne des courbatures
J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux
J'lui ai dit j't'ai d'jà croisée et franchement tu vaux pas l'coup
On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou
Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
J'lui ai d'mandé tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois qu'j'suis accroc
Elle m'a dit t'inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop
Puis j'ai rencontré la détresse et franchement elle m'a saoulé
On a discuté vite fait mais rapidement je l'ai r'foulée
Elle a plein d'certitudes sous ses grands airs plein d'tension
Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d'conversations
Un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour
J'lui ai dit tient tu tombes bien, j'veux t'parler d'puis toujours
Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits c'est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu'tu r'travaille ta formule
L'amour m'a dit écoute petit ça fait des siècles que j'fais mon taff
Alors tu m'parles sur un autre ton si tu veux pas t'manger des baffes
Moi j'veux bien être gentille mais faut qu'chacun y mette du sien
Les humains n'font aucun effort et moi j'suis pas un magicien
On s'est embrouillé un p'tit moment et c'est là qu'j'me suis rendu compte
Que l'amour était sympa mais que quand même il s'la raconte
Puis il m'a dit qu'il d'vait partir, il avait des rendez-vous par centaine
Que ce soir il d'vait diner chez sa d'mi-soeur : la haine
Avant d'partir j'ai pas bien compris, il m'a conseillé d'y croire toujours
Puis s'est éloigné sans s'retourner, c'était mes derniers mots d'amour
J'suis content d'l'avoir connu, ça j'l'ai bien réalisé
Et je sais qu'un d'ces quatre on s'ra amené à s'recroiser
Un peu plu stard sur mon ch'min j'ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l'amour derrière les barrières que le temps dresse
Un peu plus tard sur mon ch'min j'ai rencontré la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie
Assez tôt sur mon parcours j'avais rencontré l'amitié
Et jusqu'à c'jour, elle marche toujours à mes côtés
Avec elle j'ma tape des barres et on connait pas la routine
Maintenant c'est sûr, l'amitié, c'est vraiment ma meilleure copine
J'ai rencontré l'avenir mais il est resté très mystérieux
Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux
Pas moyen d'mieux l'connaitre, il m'a laissé aucune piste
Je sais pas à quoi il r'semble mais au moins j'sais qu'il existe
J'ai rencontré quelques peines, j'ai rencontré beaucoup d'joie
C'est parfois une question d'chance, souvent une histoire de choix
J'suis pas au bout d'mes surprises, là d'sus y'a aucun doute
Et tous les jours je continue d'apprendre les codes de ma route

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.
Par NoBass
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Concours

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus